Point Actus PFC Mars 2023
Embauches et sous-traitance
La PFC à connue un nombre conséquent d’embauches en 2022 puis en 2023, particulièrement en nuit et en équipe soirée. Si c’est une bonne chose en soi, les agents s’interrogent. Départs en retraites, agents poussés vers la sortie, tous les agents sont-ils en réalité remplacés? Quel est l’objectif de La Poste? Renforcer les effectifs en vue des UAP? Revenir sur le plan de sous-traitance? La Poste vise-t-elle plus de mutualisation des postes de travail?
La question de la sous-traitance elle, reste en suspens. Après un test de sous-traitance du chantier non mécanisable en période qui est apparu concluant, la direction reste discrète sur son éventuelle future mise en place.
La question inquiète le personnel. Beaucoup de collègues craignent une disparition de certains de leurs postes de travail, mais aussi une pénibilité accrue pour le personnel sous-traitant, qui risque de réaliser les postes les plus à risque pendant toute leur vacation. Il est évident que pour la CGT, nous nous opposons à la sous-traitance des chantiers, et revendiquons l’embauche des contrats de sous-traitance et des CDD, ainsi que la rotation et la gestion équitable des plannings et des postes de travail.
Pour la Direction, la sous-traitance c’est l’occasion de faire d’une pierre, plusieurs coups. C’est un transfert de la pénibilité aux contrats précaires, une précarisation de l’emploi à la PFC, un plan de réduction des cotisations sociales, et une occasion d’accentuer la pression.
Unités Autonomes de Production
Suite à la démission du Responsable Production du jour, une question reste en suspens. Le Responsable Production nuit va-t-il piloter l’ensemble de la PlateForme? Il semblerait que cette décision puisse s’inscrire dans le plan UAP qui à dores et déjà commencé à se mettre en place avec le chamboulement des équipes et la restructuration de leur fonctionnement en nuit depuis 2020.
Avec les UAP apparaissent de nouvelles fonctions, notamment celle d’animateur, catalyseur fourre-tout du travail de l’agent de tri, de l’agent de secteur, et du chef d’équipe. En effet, cette fonction d’animateur regroupe plusieurs responsabilités (qui ne sont pas valorisées et sont attribuées sur une base de « volontariat »), comme celle d’animer le brief et le débrief des agents, faire l’intermédiaire pour les éventuelles remontées et problématiques rencontrées par les agents, tour terrain et bilan des chantiers… Des fonctions managériales attribuées sur le tas, sans formation, sans valorisation, et souvent en comptant sur l’agent au risque de le faire culpabiliser si il refuse.
Les briefs et débriefs, censés être vecteurs des remontées et problématiques des agents (qui restent d’ailleurs souvent sans réponse), servent en réalité à dénoncer, critiquer et lobotomiser les agents en leur martelant des chiffres en tête. Ces chiffres ont de moins en moins de sens, alors que de nombreuses suggestions d’amélioration des briefs et débriefs ont pourtant été suggérées, dont des échauffements et étirements par exemple, qui pourraient prévenir et réduire les TMS et accidents.
Grévistes et syndicalisme
La Direction s’octroie tous les droits, quitte à bafouer ceux du personnel, en particulier le respect du droit de grève et le respect de chacun.unes d’exercer leur droit syndical.
Les consultations du CHSCT semblent ennuyer la Direction, qui à l’air de peu de soucier des conditions de travail des collègues. Des prises de décisions se font même sans consultation du CHSCT.
Plus récemment, la Direction s’est permise de remplacer des salariés grévistes en implorant du personnel de venir travailler en heures supplémentaires, ou de modifier des repos hebdomadaires en fonction des jours de grèves, en justifiant un bug informatique.
La Direction se permet de provoquer les agents grévistes et de les pointer du doigt. Ainsi on a pu voir des collègues grévistes avec des positions « En grève » sur les plannings, ou encore des remerciements aux grévistes lors de débriefs, puisque le chiffre avait été réalisé et ce en rémunérant moins de personnel. Nous ne reviendrons pas sur la mythique distribution de friandises « Mars » aux agents présents lors d’une précédente grève, qui avait par ailleurs été très mal interprétée par la DOT Colis Ouest.
La mise en place des CSE à La Poste qui devraient se mettre en place sous peu risquent de compliquer les choses, en regroupant les Instances Représentatives du Personnel, en réduisant le nombre de représentants syndicaux, en les écartant du terrain et des collègues, ainsi qu’en les surchargeant de travail pour mieux les désorganiser.
Restrictions
Côté restrictions, le personnel s’inquiète. L’organisation du travail est génératrice de plus en plus de TMS. En conséquence, le nombre de blessures et de personnel en restrictions augmente.
Pour autant, les restrictions sont très souvent mal connues de la Direction, mal considérées, et sont souvent remplacées sur le tas, quitte à changer le planning des agents à la volée.
Deux problématiques se posent. D’une part, un réel manque de considération du personnel et des agents en restrictions. Certains agents sont poussés à réaliser des tâches qui leur sont pourtant contre-indiquées par la médecine du travail. D’autre part une répartition du travail inégale entre les agents, des positions pénibles qui se répercutent souvent sur les mêmes agents, des fois dans la même vacation.
Référents développeurs
Qui dit sous-traitance, dit formation. Avec un turn-over ingérable, il faut perpétuellement former le nouveau personnel. Jusque-là, la Direction comptait sur la générosité des collègues ainsi que sur les « Référents.tes », personnel ayant suivis une formation de formateur et désigné pour former le nouveau personnel.
Cependant, cette dernière fonction viendrait à disparaitre avec la mise en place des UAP, alors que la sous-traitance serait renforcée. Mais qui va alors former ce nouveau personnel? La Direction comptera-t-elle toujours sur la générosité des collègues qui n’auront déjà pas le temps de s’occuper de leur propre poste?
La question se pose, mais sans doute pas pour la Direction. Il y a déjà des jours avec de fortes commandes d’intérimaires, mais pas de Référent désigné car la « matrice » ne le permet pas. Pour la Direction, il faut un personnel formé vite et bien, qui est sensibilisé aux TMS et accidents, et ce sans y déployer le temps et les moyens nécessaires.
De ce fait, on risque plus particulièrement une perte des repères de travail, une accentuation de la polyvalence, une remise en question perpétuelle des fiches de postes et de la transmission d’un travail sécurisé et bien réalisé.
Hygiène et sécurité
Plusieurs questions se posent également en matière d’hygiène et sécurité. Les agents recensent de nombreuses problématiques au sein de la PlateForme.
Le mobilier affecté au personnel en salles de pauses et extérieur fait l’objet de nombreuses remontées, particulièrement d’inconfort et d’insalubrité. Les locaux arrivées et départs posent de sérieux problèmes d’hygiène, alors que des agents de secteur y sont affectés pendant toute leur vacation.
Etonnamment, les bureaux affectées à la Direction font l’objet de renouvellements, d’équipement à la pointe de la technologie, de propreté et de confort ultime. C’est peu étonnant puisque les chefs d’équipes sont amenés à y être sédentarisés, au détriment des agents de secteurs et animateurs amenés à prendre leurs responsabilités.
L’état du frigo en salle de pause est déplorable.
Les toilettes sont souvent bouchées, l’évacuation pas très conventionnelle, est souvent imputée au personnel qui s’amuserait à boucher volontairement les toilettes. Malgré une augmentation des effectifs, le nombre de toilettes sur la PlateForme est resté le même depuis 18 ans. Il est évident que les priorités hygiéniques ne contribuent pas aux chiffres pour la Direction.
Rappelons que les prédispositions au début du COVID n’étaient pas au rendez-vous. Certains agents avaient invoqué le droit de retrait pour Danger Grave et Imminent, et ce droit de retrait a été validé.
Preuve que le personnel n’a pas inventé ce manque d’hygiène et de sécurité.

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